À propos de cet événement


« Dans l’ombre du Cid : (in)fortune de L’Illusion comique »

8 décembre 2011
Séminaire
UCL


Argument

L’Illusion comique est, aux dires de Corneille, « un étrange monstre » ou encore « une galanterie extravagante qui a tant d’irrégularité qu’elle ne vaut pas la peine de la considérer ». Ces deux jugements, l’un peu de temps après la création de la pièce (1639), l’autre au moment des révisions successives par Corneille de ses œuvres, en 1660 et en 1682, vont souvent être repris par la critique lorsqu’elle s’attellera à commenter L'Illusion comique, que ce soit pour susciter la curiosité des spectateurs ou dénigrer et rejeter la pièce dans l’oubli, déterminant, par conséquent, son destin.

Écrite très certainement aux alentours de l’été 1635 et durant l’année 1636, L'Illusion comique fut à sa création à l’Hôtel du Marais à Paris, un succès selon Corneille. Qu’il s’en réjouisse, le mettant en relation avec la qualité de son travail de dramaturge, ou qu’il exprime son soulagement de n’avoir pas été tourné ridicule, Corneille mentionne dans son Épître en 1639 la bonne réception de L'Illusion comique. Ce succès se maintiendra et la pièce sera jouée, du vivant de l’auteur, à maintes reprises, comme celui-ci s’en étonne dans son Examen de 1682.

Malgré cette réception favorable au xviie siècle, la pièce tombe étrangement dans l’oubli après la mort de Corneille en 1684, cessant d’être jouée. Ce n’est qu’au xixe siècle, à l’occasion du 255e anniversaire de la naissance du dramaturge que la pièce est redécouverte, sous l’impulsion d’Édouard Thierry. Celui-ci la monte à la Comédie-Française, mais de manière morcelée. Il faut attendre 1937 et l’initiative d’Édouard Bourdet et de Louis Jouvet pour que la pièce soit représentée intégralement. Depuis, les mises en scène de L'Illusion comique n’ont eu de cesse d’augmenter et de faire l’objet de critiques majoritairement positives.

Nous voudrions à présent considérer ces trois représentations et la réception de la pièce depuis sa création à la mise en scène de Louis Jouvet, afin de dresser des pistes de recherches qui nous permettront ultérieurement d’une part de comprendre pourquoi cette œuvre de Corneille disparut brutalement du répertoire pour refaire progressivement mais sûrement son apparition au XXe siècle jusqu’à être représentée tous les ans en France depuis 2004, d’autre part d’esquisser les raisons d’un tel regain d’intérêt.



10h45 - 12h45
C228
UCL




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