À propos de cet événement

 

« Objets parlants. Les relations entre l’objet et l’écrit(ure) dans l’art  »

31 octobre 2012
Journée d'étude du GEMCA
UCL



En collaboration avec le groupe de contact FNRS « Ecrits d’artistes » et l’ULB (Laurence Brogniez).


Alors que les relations entre art et littérature sont particulièrement prisées des chercheurs, l’absence relative d’une réflexion spécifiquement portée sur les rapports entre le mot et l’objet dans l’art ne laisse pas de surprendre. On constate en effet le plus souvent que l’analyse se trouve restreinte à un artiste ou un mouvement ou, lorsqu’elle se veut générale, englobe sans réelle distinction les différents médiums. Il semble pourtant que, par la nature même de l’objet, cette problématique soulève un ensemble de questions qui lui est propre. C’est à ce chantier novateur que le groupe de contact FNRS « Ecrits d’artistes » et le Centre d’analyse culturelle de la première modernité voudraient s’atteler en lui consacrant une journée d’étude à caractère exploratoire, en vue d’un colloque ultérieur.

Depuis son introduction dans le champ artistique, l’objet entretient avec l’écrit des relations privilégiées. Il convient néanmoins de s’interroger sur l’ancrage historique de telles pratiques. C’est pourquoi l’époque moderne offrira un cadre chronologique plus large en vue de procéder à une archéologie de ces pratiques qui trouvent leurs origines notamment dans les cabinets de curiosité du
XVIe siècle, l’art ayant progressivement gagné son autonomie par rapport à tous les realia et artificialia avec lesquels il partageait jusque-là le même espace des « merveilles », les artistes ne manquant d’ailleurs pas d’user de ces objets naturels ou fabriqués pour les détourner à des fins artistiques, quand ce n’est pas l’artifice lui-même qui se voit naturaliser selon une esthétique maniériste et puis baroque.
Le terme d’objet sera donc employé pour désigner toute structure tridimensionnelle maniable. Deux types de productions seront dès lors envisagés : les objets usuels ayant subi l’intervention d’un artiste mais conservant leur valeur d’usage (c’est le cas notamment de l’art décoratif), et les œuvres d’art en trois dimensions – cette dernière catégorie recouvrant à la fois les pièces conçues à l’intérieur de la sphère artistique et les objets nés en dehors du champ de l’art qui ont été dépouillés de leur fonction originelle lorsqu’ils ont accédé à ce statut (ainsi par exemple du Porte-bouteilles de Marcel Duchamp).

L’objectif de cette journée est d’amorcer une étude des modalités selon lesquelles se déclinent les relations entre l’objet et l’écrit, afin d’identifier leurs spécificités et les intentions auxquelles elles répondent. Dans ce vaste corpus, le cas du livre ne sera pas abordé, en raison de l’ampleur de sa fortune historiographique. Il en va de même pour la question du titre, à laquelle un colloque sera prochainement consacré en collaboration avec Pictoriana. La diversité et l’innovation seront en effet recherchées tant dans les thèmes traités que dans les problématiques soulevées, celles-ci s’inscrivant de préférence dans les axes de recherche généraux esquissés ci-après.

Il s’agira par exemple de s’intéresser aux collaborations dans lesquelles le mot et l’objet occupent une position bien distincte, ou jouissent de statuts différents (œuvre d’art, document, etc.), jusqu’à oblitérer les frontières entre les deux. L’inscription du mot sur la surface de l’objet ou encore son intégration dans l’objet pourra constituer un autre axe de recherche. Enfin il semble impératif de traiter des objets utilisés afin de participer à un dispositif poétique ou discursif. Il importe ainsi de ne pas négliger l’apport des poètes au domaine de l’objet. Des propositions de contributions abordant – sans s’y limiter – les questions suivantes sont dès lors souhaitées :
  • le rôle, l’exposition et le statut des documents nécessaires à la compréhension ou réalisation d’une œuvre ;
  • l’accès de certains écrits au statut d’œuvre d’art ;
  • l’objet adoptant la forme du mot ;
  • les diverses modalités de l’inscription du mot sur des œuvres en trois dimensions et leurs spécificités ;
  • le mot comme rempart ou porte d’accès d’un objet au monde « réel » ;
  • l’objet au service d’un dispositif poétique ou discursif ;
  • la relation des objets à leur dénomination ;
  • la conception d’objets par des poètes ou écrivains.
La journée comprendra une partie dévolue à l’époque contemporaine (fin xixe - XXIe s.), organisée par Pictoriana (ULB) et une partie dévolue à la période moderne, prise en charge par le GEMCA (Group for Early Modern Cultural Analysis, UCL).

Contacts:

Laurence Brogniez
Marie Godet

Contacts pour la partie moderne:

Ralph Dekoninck

Agnès Guiderdoni





Salle du conseil FIAL
Faculté de Philosophie, Arts et Lettres
Place Blaise Pascal, 1
1348 Louvain-la-Neuve



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