À propos de cet événement


« Visualité et visibilité »

2 mai 2014
Atelier « Class of Excellence » Francqui
Université libre de Bruxelles

Organisation de l'atelier : Thierry Lenain

La journée d’étude sera consacrée à une réflexion sur les relations entre visualité et visibilité. La visualité, autrement dit le domaine du visuel, comprend non seulement les objets de l’activité de voir mais aussi ses codifications telles qu’on peut les appréhender par le biais de l’étude anthropologique et historique des pratiques visuelles. Quant à la visibilité, elle désigne ici une valeur élective – la valeur de ce qui vaut, mérite ou exige d’être vu, par opposition à tout ce qui peut ou pourrait simplement l’être. Il implique l’idée d’une promotion, d’une élection, d’une valorisation particulière liée au fait d’être vu – ou d’une dignité spéciale qui appelle cette promotion.

La possibilité même d’être vu suppose un jugement de valeur sous-jacent que certains régimes du regard tendent à énoncer de manière explicite tandis que d’autres le taisent ou l’occultent. Ainsi l’appel aux faits, aux évidences et à l’objectivité pure dissimule-t-il souvent l’opération élective par laquelle une réalité quelconque est entrée dans le champ du regard (et est, en ce sens, devenue pleinement réelle). À l’inverse, les pratiques de représentation font souvent intervenir un travail de cadrage valorisant qui déclare ouvertement, voire avec insistance, la dignité spéciale de son objet. Le cas du portrait offre le parfait exemple d’un régime visuel énonçant la promotion de ce qui est représenté tandis que l’imagerie scientifique illustre souvent le cas inverse.

La visibilité comme promotion visuelle se définit nécessairement par les limites en-deçà ou au-delà desquelles elle ne peut avoir lieu. Elle se conçoit comme le spectre axiologique compris entre le « trop peu » et le « trop » de réalité visible. La limite inférieure exclut les objets indignes d’être désignés à la vue ou invisibles pour toute autre raison impliquant un manque qui peut aller, en-deçà de l’infime, jusqu’à l’infamie visuelle. Quant à la limite supérieure, elle écarte certaines réa- lités conçues comme excédant toute visibilité (voir, par exemple, la querelle au sujet des photos de la shoah, ou l’image de la divinité dans les monothéismes).

Être au-delà du regard revient alors, paradoxalement, à un excès de ce qui justifie en général la promotion visuelle – excès tel que celle-ci se révèle, en l’occurrence, impossible ou illégitime. Dans les deux cas – exclusion dans l’infra-monde du regard ou mise en évidence de la transcendance du denotatum –, la situation débouche sur un traitement dialectique et une opération secondaire portant sur un dispositif de visualisation.
 

Programme

9h30 : Thierry Lenain (ULB)
Introduction

9h45 : Maud Hagelstein (FNRS-ULg)
Mises en scène de soi dans les médias sociaux – autour des « selfies »

10h30 : Valérie Angenot (ULB)
Voir et être vu. La statuaire privée, royale et divine dans l’Égypte ancienne

11h15 : Valérie Glansdorff (ULB)
Le portrait animal

12h : Discussion avec Victor I. Stoichita

12h45 : Pause

14h : Amélie Van Liefferinge (ULB)
Entre visualité et visibilité, la problématique des projections lumineuses de diapo- sitives sur verre chez le photographe belge Léonard Misonne (1870-1943)

14h30 : Teodora Cosman (ULB – ARBA)
La surexposition photographique – en deçà ou au-delà des limites de la visibilité ?

15h00 : Aleksandra Chauchova (ULB – La Cambre)
Visualiser la différence ethnique (à partir de Fanon et Stoichita)

15h30 : Discussion avec Victor I. Stoichita

16h : Table ronde : synthèse de la journée

Informations pratiques
De 9h30 à 17h00
Université libre de Bruxelles
Salle 2VIS, bâtiment NB (Nouvelle bibliothèque des sciences humaines)
Avenue Paul Héger
Campus du Solbosch
1050 Bruxelles

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