À propos de cet événement


« Ce que la photographie donne à voir »

15-16 mai 2014
Atelier « Class of Excellence » Francqui
Université de Liège

Organisation de l'atelier : Carl Havelange

La photographie représente l’un des grands événements culturels de l’époque contemporaine, d’ailleurs célébrée comme telle par tous ses premiers commentateurs. En quelques années, après son invention par Daguerre en 1839, elle se répand dans le monde entier, atteint toutes les couches de la société et se distingue par l’extraordinaire multiplicité de ses significations et de ses usages : l’art, la science, la sphère de la vie privée aussi bien que celle de la vie publique, la mémoire collective, les formes du contrôle social, la construction de l’identité et les processus de subjectivation qui marquent si profondément notre modernité – aucun espace de la culture qui ne soit affecté par les développements de la photographie.

Pour rendre ce phénomène intelligible, il importe de le considérer dans la perspective au long terme d’une histoire générale des cultures visuelles et de la figuration. De ce point de vue, la photographie apparaît comme l’emblème des relations instituées que l’époque contemporaine entretient avec le geste de voir et de représenter. Sa double dimension – optique et chimique – et l’élaboration culturelle dont elle est l’objet la donnent au xixe siècle comme l’espace en tension où se rencontrent plusieurs significations du regard et de la vision : significations « anciennes » – le regard comme toucher à distance et comme modalité de la présence – ; significations « modernes » – la vision comme représentation et comme modalité de la distance.

Le portrait, bien entendu, dès les origines et dans toutes ses déclinaisons, se situe au point d’incandescence de cette histoire. Images de soi, images de l’autre ; singularités et généricités ; usages sociaux, politiques, scientifiques, célébratifs, rituels, religieux, funéraires... : la photographie, en sa pluralité, en son indétermination relative, renouvelle la question du portrait. Mais, ce faisant, elle rend intensément visible également un vaste système d’héritages et de filiations, de déplacements, qui reconduisent et déploient à l’usage des mondes contemporains la très ancienne énigme des visages et de leur construction culturelle.


Programme

Jeudi 15 mai

20h00 : Conférence de Victor Stoichita (Université de Fribourg)
“Ouvrez ma clairière”. Quelques notes sur le visage post-moderne

Vendredi 16 mai

10h : Carl Havelange (FNRS-ULg)
Introduction : indéterminations de la photographie

10h30 : Alexander Streitberger (UCL)
Le portrait photographique et les fantasmes de l’électro-bricolage

11h10 : Pause

11h30 : Maud Hagelstein (FNRS-ULg)
Portraits domestiques et représentations d’intérieurs dans la photographie contemporaine (de Walker Evans à Jeff Wall)

12h10 : Pause

14h : Lucienne Strivay (ULg)
Portraits aux frontières et portraits de portraits : à propos de la taxidermie

14h40 : Maria-Giulia Dondero (ULg)
Photographie et méta-langage visuel

15h20 : Pause

15h40 : Marc-Emmanuel Melon (ULg)
L’ouvrier, le criminel et le sauvage. Portrait photographique et typologie au XIXe siècle

16h20 : Jean-Pierre Bertrand (ULg)
Esquisse d’une typologie du portrait photographique d’écrivain

17h : Conclusions de la journée

Informations pratiques
De 10h à 17h30
Université de Liège
Faculté de philosophie et lettres
Salle Grand Physique, bâtiment A1 (conférence du 15 mai)
Salle Wittert, bâtiment A1 (journée d'étude du 16 mai)
Place du XX août
4000 Liège

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